11 décembre 2022

SESSIONS BIBLIQUES MAREDSOUS

 

Sessions d’initiation à l’Ancien Testament

par Sœur Loyse Morard osb


« Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert » 
(Psaume 125,4)

2023

 

10 – 12 février

Job, Adam : pourquoi l’homme ?

 

14 – 16 avril

Moïse et la sortie d’Égypte

 

12 – 14 mai

David et les débuts de la royauté

 

15 – 17 septembre

Salomon et l’institution royale

 

24 – 26 novembre

Élie et la naissance du prophétisme


Informations pratiques



SESSIONS BIBLIQUES MAREDRET

 

Abbaye de Maredret

 

Sessions d’initiation
à l’Ancien Testament 
docteur en sciences bibliques (Strasbourg)
titulaire d’une licence de philosophie (Fribourg)

 

2023

11-12 mars 2023

Le grand récit de la création et de l'Alliance:
la dernière rédaction du Pentateuque.

 

10-11 juin 2023

Le Psautier, Livre I : essai de lecture groupée de quelques psaumes

 

7-8 octobre 2023

Le livre de Daniel
(à confirmer)

 

du samedi 9h30 – 17h30 (accueil à 9h00)
au dimanche 10h00 – 16h00

21 août 2022

À propos de la Bible

NOUVEAUTÉ


Zachée, 

descend vite ! 

une heureuse rencontre




C’est le titre du recueil d’homélies du Père Nicolas Dayez, ancien abbé de Maredsous décédé le 9 juillet 2021, que viennent de publier les Éditions Saint-Léger.
43 homélies, présentées par le Père Maurice Bogaert moine de Maredsous, sont rassemblées et éditées par Sœur Loyse Morard, bénédictine du Moulin de Maredsous. Toutes commentent le même récit de « l’heureuse rencontre » entre Jésus et le publicain Zachée, et les effets qui s’ensuivirent (Évangile selon saint Luc 19,1-10).

Ces réflexions, reflets de toute une vie, se succèdent au long des ans, en divers lieux et circonstances, depuis le 18 août 1973. Elles se terminent le 14 juillet 2021, jour des funérailles de l’auteur, dont ce dernier avait pris soin de choisir d’avance la lecture évangélique et d’en rédiger l’homélie.


Chacun pourra saisir dans ces pages l’écho d’une expérience personnelle, d’une conviction, d’un désir quotidien et permanent capable de se répercuter à l’infini dans son propre cœur. Ainsi la rencontre de Jésus avec le publicain Zachée continuera à porter ses fruits aujourd’hui, à travers la rencontre de l’auteur et de son lecteur… Souhaitons-le.
Bonne lecture !

Dom Nicolas Dayez osb (1937-2021),
moine de l’abbaye de Maredsous et son septième abbé, continua sa formation musicale au Conservatoire Royal de Bruxelles où il obtint les premiers prix d’harmonie et d’orgue. Licencié en philosophie (Saint-Anselme, Rome), en théologie et en droit canonique (Strasbourg), il est ordonné prêtre en 1967. À la tête de son abbaye depuis 1972, il a présidé pendant trente ans l’anniversaire de la dédicace de l’église abbatiale et bien d’autres célébrations. Ses homélies, toujours nouvelles, étaient écoutées avec plaisir et profit, pas seulement par ses frères moines.









14 août 2022

À propos de la liturgie

 

Fête
de
l’Assomption


Nous continuons à appeler « Magnificat » le cantique de la Vierge Marie. Il a traversé les siècles en gardant toute sa fraîcheur. Comme les Béatitudes, le Notre Père et d’autres textes encore. Quel est le secret de cette fraîcheur ? Y a-t-il moyen de répondre à cette question ?
Il y a tout d’abord le fait que ce texte est tout-à-fait personnel. Il commence par ce qu’on appelait autrefois – peut-être encore aujourd’hui – un adjectif possessif : mon âme, mon esprit, il s’est penché sur moi, humble servante, il a fait pour moi des merveilles. Le « Magnificat » se présente à nous comme une sorte d’autobiographie. Marie nous raconte sa vie, ce qu’elle vit et ce qu’elle traverse, le sens qu’elle donne à tous ces événements. 
Mais attirer ainsi l’attention sur soi, ce serait vite insupportable, s’il n’y avait pas – et tout de suite – le passage à une perspective que nous qualifierions de « mondiale ». Ce qui n’est pas assez dire, et ce qui n’est même pas bien dire. Tous les âges me diront bienheureuse. Nous sommes partis d’une personne concrète, Marie, qu’on peut désigner du doigt. Et sans crier gare, nous passons de suite à un élargissement de ce lien. Marie commence par nous parler à la première personne du singulier, mais elle n’est pas refermée sur elle-même, elle vit et elle communie à tout l’univers, à toute la création, à tous les âges, elle vit aux dimensions de Dieu.

En faisant ainsi, Marie lève pour nous, au moins un peu, le voile du secret de l’éternelle jeunesse de son cantique. Nous n’y pensons peut-être pas assez : le « Magnificat » chante la magnificence. Nous n’utilisons plus beaucoup ce mot pour dire la grandeur de ce que Dieu fait. Marie chante cette grandeur, elle la magnifie. Elle nous dit que Dieu fait cette grandeur avec de la bassesse, comme si on ne pouvait remplir qu’en vidant, comme si on ne pouvait hausser qu’en abaissant, comme si on ne pouvait anoblir qu’en passant par l’ignominie. Dieu le fait depuis toujours et c’est bien pourquoi l’intégrale des générations dira Marie heureuse.
Alors vient la question : est-ce possible qu’une partie de celle qui chante ainsi le « Magnificat » reste en dehors des merveilles de Dieu ? Le Puissant fit pour moi des merveilles : allons-nous mettre une limite à Dieu ? Allons-nous mettre une frontière au-delà de laquelle il n’y a pas d’accès pour la magnificence que Dieu met en œuvre ?
La fête de l’Assomption est la fête de notre réponse à cette question, la fête de la réponse de l’Église. Ce que Marie a chanté, nous le chantons aujourd’hui. Ce que Marie a chanté, l’Église le chante aujourd’hui. Et pour chanter le « Magnificat », il faut une âme que j’oserai dire à la mesure de Dieu. Nous voilà donc invités à quitter toute étroitesse, toute mesquinerie (le contraire de la magnificence), tous ces millimètres avec lesquels nous avons trop tendance à mesurer, même quand il s’agit de Dieu.
La fête de l’Assomption, c’est aussi la fête de la mémoire de Dieu. Et Dieu a une mémoire infaillible. Il se souvient de son amour, de la promesse qu’il a faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. Voilà finalement le secret de cette jeunesse que j’évoquais en commençant. L’amour peut-il vieillir ? Le nôtre, peut-être, parfois, pas toujours. L’amour de Dieu ne vieillit pas, ne vieillit jamais. Chacune des phrases du chant de Marie vibre de cette constatation, vibre bien davantage de ce que Marie elle-même a accueilli sans réserve, parce que Dieu le lui offrait sans réserve. 
Mon âme exalte le Seigneur. Laissons à notre âme – au moins pour aujourd’hui – la dimension que Dieu lui-même veut lui donner. Laissons-la se dilater. Laissons-la être grande. Laissons-la connaître la magnificence. Laissons-la être jeune. De la jeunesse de Dieu.


P. Nicolas Dayez
Homélie pour la Fête de l’Assomption
Maredsous, le 15 août 2012










10 juillet 2022

À propos de la liturgie

 

11 juillet

SOLENNITÉ DE SAINT BENOÎT 

 



SUIVRE JESUS

Réflexion sur la profession monastique


L’évangile proposé par la liturgie pour la fête de Saint Benoît parle de la profession monastique :

« Pierre prit la parole et dit à Jésus : ‘Voici que nous avons tout quitté pour te suivre, quelle sera donc notre part ?’ Jésus leur déclara : ‘Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’Homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez, vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.’ » (Mt 19,27-29)


L’apôtre pose sa question de façon naïve, apparemment un peu intéressée : il voit tout ce qu’il a quitté pour suivre Jésus et il attend la contrepartie. Ses idées s’enchaînent selon un certain ordre. « Suivre Jésus » apparaît en second, comme la transition entre le détachement et la récompense.
 
La réponse de Jésus renverse cet ordre : il s’adresse d’abord à « vous qui m’avez suivi ». Puis il énumère, en général, ce qu’il faut quitter pour le suivre : maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou terre. La récompense enfin consistera à siéger sur douze trônes pour juger les tribus d’Israël et avoir en héritage la vie éternelle. Propos mystérieux… Mais n’est-il pas significatif que Jésus renverse l’ordre de la question ?


Saint Benoît demande au moine, au jour de sa profession, de « promettre stabilité, conversion des mœurs et obéissance » (Règle c. 58,17). Il termine par l’essentiel. Le novice qui fait le choix de la vie monastique ne pense pas d’abord à ce qu’il quitte mais bien à Celui qu’il veut suivre. C’est l’amour qui permet de tout quitter, et seulement l’amour. « Suivre Jésus » entraîne tout le reste. Voilà l’obéissance que Saint Benoît pose à la base de tout l’itinéraire spirituel, le premier degré de l’échelle de l’humilité. Obéir, c’est suivre quelqu’un qu’on aime, s’attacher à lui, complètement.

Ensuite seulement apparaît ce qu’il faut quitter.  Là, Jésus énumère toutes les formes de possessions : matérielle (maison, terre) et affective (frères, sœurs, père, mère, enfants). La « conversion des mœurs » n’appelle à rien d’autre : être libre à l’égard des richesses matérielles et affectives, « à cause de son nom », à cause de lui Jésus, de sa personne, de son amour, parce que le fait de le suivre est plus précieux et encore plus désirable que tout le reste. Tout ce que l’on peut posséder rencontre une fin, une limite. L’amour, lui, ne supprime rien, il intègre. Ce que l’on quitte n’est jamais si bien honoré que si on le quitte pour un « plus ». Il en reçoit alors un sens et un avenir.


Alors nous comprenons que la récompense promise se présente comme une sorte de « stabilité » : siéger sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Obéir, s’attacher à Jésus, se libérer des entraves qui limitent ou encombrent, permet de « siéger » avec lui, de trouver en lui un point d’appui solide et définitif. De participer, avec lui, au discernement du jugement final. D’entrer, dès maintenant, dans sa lumière et sa liberté. La stabilité est comme la récompense accordée à celui qui obéit et qui se convertit, ce centuple que Jésus promet. À travers elle, jour après jour, l’amour de Dieu nous offre déjà la vie éternelle…

La première question que Saint Benoît nous pose est bien celle-ci : « Quel est l’homme qui désire la vie ? » (Règle, prol. 15) Tout commence par là. Pour lui, la profession monastique n’a pas d’autre but : nous « conduire tous ensemble à la vie éternelle » (Règle c. 72,12). Et quoi de plus stable que la vie éternelle ? Être fidèle à sa profession monastique, c’est entrer dans cette stabilité de Dieu. Ensemble, en suivant Jésus.







 










04 juin 2022

À propos de la liturgie

 PENTECÔTE

Jean 20,19-23


L'Evangile nous montre combien le Christ ressuscité a été soucieux de paix. C'est pratiquement toujours son premier souhait. Il n'a que ce mot-là à la bouche. Ce qui montre combien il a voulu une Eglise qui soit établie sur la paix. Ce qui montre combien il a voulu la même chose pour ceux et celles à qui il allait confier son Eglise. Il n'a pas voulu que les responsables soient des gens au cœur blessé et inquiet, même s'ils ont connu et connaissent leurs faiblesses, comme tout le monde.

Pour souhaiter la paix à quelqu'un, il faut pouvoir surmonter tout ce qui s'oppose à cette paix, tout ce qui est ressentiment, déception, jalousie. Nous aurions tort de croire que le Christ ressuscité n'a rien dû surmonter pour souhaiter la paix à ses disciples, de façon aussi insistante. Il a devant lui des personnes qui ont vécu très proches de lui, qui ont bénéficié largement de son enseignement et de sa présence, qui ont reçu toutes ses faveurs, qui lui ont même proclamé leur fidélité absolue et jusqu'au bout. Et ce sont ces mêmes personnes qui l'ont abandonné au moment où cela devenait difficile et dangereux pour lui, ces mêmes personnes qui l'ont ignoré, qui l'ont renié.

N'importe qui d'entre nous se laisserait envahir par un profond sentiment d'ingratitude. Un sentiment qu'il faut pouvoir surmonter, si on veut souhaiter la paix, de façon sincère, à celui ou ceux qui vous ont abandonné de cette façon-là. C'est ce que fait le Christ ressuscité. Il sait qu'il y va de la vie de son Eglise. Il sait que l'Evangile ne peut pas être vécu en dehors de cette paix profonde. Il sait que, sans cela, il ne peut pas témoigner de la paix qui est en Dieu.
Nous parlons beaucoup de la paix aujourd'hui, parce que nous en ressentons cruellement le besoin. Et nous voudrions beaucoup que l'Eglise, les Eglises, y apportent leur contribution. Non pas en imposant telle ou telle vue politique, mais en aidant les uns et les autres à surmonter ce qui les empêche de se parler sereinement, ce qui les empêche de s'échanger un souhait de paix dans la vérité, ce qui les empêche de reconnaître chez les uns ce que les autres cherchent également.
N'est-ce pas le rôle de l'Esprit-Saint de nous aider à faire ce discernement? Chacun comprend l'autre dans sa langue. Parce que chacun est parvenu à faire taire ce qui l'empêche de parler lui-même de paix, ce qui l'empêche d'entendre parler de paix, ce qui l'empêche de vivre dans la communion qu'apporte la paix.

Pour parler de paix, disait saint François d'Assise, il faut d'abord avoir la paix dans son cœur. C'est le souhait que le Christ nous adresse : La paix soit avec vous ! L'Esprit-Saint nous permettra d'entendre ce souhait, d'accueillir la paix dans notre cœur et de pouvoir alors la partager.



P. Nicolas Dayez

Homélie pour la Pentecôte

Maredsous, 4 mai 1995